L’Université entrepreneuriale à l’ère de l’IA :
37 ans d’un parcours de terrain
Sur les pas des bâtisseurs retrace
trente-sept années d’un parcours de terrain consacré
à la transformation de l’Université, à l’innovation,
à l’entrepreneuriat, au transfert technologique
et à la coopération avec l’environnement socio-économique.
L’ouvrage est actuellement dans sa phase finale
de préparation éditoriale.
Des lectures privées sont en cours auprès de plusieurs
personnalités, partenaires et témoins de ce parcours,
afin de vérifier les périodes, les faits
et les regards croisés avant publication.
Ce site accompagne la dernière étape de préparation de l’ouvrage.
Certaines parties du manuscrit sont actuellement soumises,
dans un cadre privé, à des personnes ayant participé directement
aux périodes, projets et transformations évoqués.
Cette démarche vise à préserver la fidélité du récit,
la précision des faits et la diversité des regards
avant la mise à disposition de la version publique définitive.
Cette édition est encadrée par deux regards institutionnels forts :
une préface signée par le Prof. émérite Hamed Ben Dhia,
ancien président de l’Université de Sfax, et une
postface signée par Prof. Abdelwahed Mokni,
également ancien président de l’Université de Sfax.
La présence de ces deux signatures donne à l’ouvrage un signal fort :
celui d’un parcours reconnu, relu et replacé dans une histoire
universitaire plus large, entre mémoire, continuité et transmission.
La version publique complète sera mise en ligne
à l’issue de cette phase.
Le regard de celui qui a ouvert le terrain universitaire
Préface
Prof. émérite Hamed Ben Dhia
Oser écrire la préface de ce morceau d’anthologie concocté par mon fidèle ami
et super collaborateur Mohamed Belhaj n’a rien d’anodin, et encore moins de générique.
Pour avoir côtoyé cette compétence hors pair et apprécié toutes ses qualités humaines
et professionnelles, la chance a voulu que je jette un regard sur son talent d’écrivain,
à travers ce livre aussi original qu’édifiant.
C’est donc avec un intérêt aiguisé et une vive curiosité que j’ai plongé dans ses
performances littéraires. Le genre d’œuvre que je ne peux lire sans revivre plus
d’une décennie de travail en équipe, de réalisations aussi originales qu’inédites
et, surtout, d’apprentissage sur le terrain (learning by doing) qui semble
caractériser la riche carrière de Mohamed Belhaj.
À croire que c’était le profil et le gabarit que nous attendions à l’Université de Sfax
pour implémenter nos ambitions innovantes, sortir l’université d’une bureaucratie
étouffante et la positionner sur les bons rails de la citoyenneté, de la valorisation,
de la qualité totale et de l’entrepreneuriat…
Pour revenir à cet excellent livre que nous offre Mohamed, je dirai qu’il dégage un
effluve de fidélité et de reconnaissance envers les aînés et les pionniers ; il relate
un parcours exceptionnel d’apprentissage sur le tas qui a dépassé largement le stade
des idées générales pour marquer une décennie d’actes concrets, mesurables et fort motivants.
Ce virus innovant touchait toute notre pyramide éducative, du primaire à l’université.
Nous voulions changer les mentalités grâce au comptage sur soi et non sur le fonctionnariat,
pour une université impliquée dans sa cité, apportant une valeur ajoutée évidente
à l’économie et à l’industrie.
Mohamed a su réaliser une formidable immersion dans cette logique en réussissant autant
sa démarche d’ouverture que son parcours académique, concrétisé par sa brillante thèse
de doctorat.
Aussi, un énorme merci, cher Mohamed, pour cet inestimable témoignage franc,
édifiant, porteur et prometteur.
Tous mes vœux de réussite pour la suite de ta carrière. Tu n’es certainement pas le genre
de compétence qui s’use avec l’âge, mais plutôt de celles qui s’aiguisent et s’affûtent,
en toute efficacité et modestie.
Ce qui t’attend est encore immense ; je te souhaite donc toute la lucidité,
le courage et la santé nécessaires. Merci encore.
Prof. émérite Hamed Ben DhiaEx-président de l’Université de Sfax
Pour ceux qui souhaitent en découvrir davantage
Une lecture essentielle
37 ans en quelques étapes. Une lecture courte qui suit les lieux,
les rencontres et les choix ayant progressivement construit ce parcours,
sans entrer dans le détail des structures et des projets.
01 — Les premiers apprentissages
Sfax, l’atelier, le comptoir et la ville
Mon premier apprentissage n’a pas eu lieu dans une salle de classe.
Il s’est construit dans deux univers que rien ne reliait en apparence :
l’atelier et le comptoir.
Sfax était le cadre de ces premières leçons :
une ville de travail, d’échanges, de commerce,
de proximité et de responsabilité.
Sfax, avenue du « cent mètres », années 1970 — La ville où tout a commencé.
Chaque matin, avant le lever du soleil,
mon père Haj Habib et moi sortions pour la prière de l’aube,
puis nous descendions ouvrir les boutiques familiales.
Après l’école, je les rejoignais de nouveau.
Du côté paternel, j’apprenais le comptoir :
servir un client, négocier, prendre une décision
et en assumer les conséquences.
Sfax — L’auteur avec son père, Haj Habib. À ses côtés s’est forgé, bien avant l’Université, son apprentissage de la responsabilité et de la décision.
Du côté maternel, l’atelier de confection
m’apprenait autre chose :
la créativité ne produit rien de durable
sans organisation, sans équipe et sans coordination.
Deux leçons allaient rester :
savoir décider quand il le faut,
mais comprendre que rien de durable ne se construit seul.
02 — La première chance
1988 — « Vous commencez ce lundi »
Après le baccalauréat, j’avais choisi
l’École Nationale d’Ingénieurs de Sfax.
Ces années m’avaient formé à la rigueur technique,
mais elles avaient aussi fait naître une conviction :
la compétence ne vaut réellement que lorsqu’elle peut être transmise.
Sortir d’école d’ingénieur,
c’était alors entrer dans un marché fermé.
Il fallait qu’une porte s’ouvre.
C’est Si Mokhtar Latiri qui l’a ouverte.
« Vous commencez ce lundi. »
L’entretien avait eu lieu un vendredi.
Trois jours plus tard, en septembre 1988,
Héla et moi entrions au CBMI, à Tunis.
Pendant un an, nous avons travaillé aux côtés de Si Mokhtar.
Il nous préparait à une responsabilité précise :
ouvrir à Sfax le premier centre régional
de ce qui allait devenir l’INBMI.
Siège historique du CBMI–INBMI, rue de Paris, Tunis, 1990 — Autour de Si Mokhtar Latiri, l’auteur, Héla et plusieurs instructeurs-stagiaires de Sfax.
Cette confiance donnée avant que tout soit prouvé
est devenue une ligne forte de mon parcours.
03 — Apprendre à bâtir
CBMI–INBMI : du numérique à la transmission
En 1989, le CBMI devint l’Institut National
de la Bureautique et de la Micro-Informatique — l’INBMI.
Nous sommes revenus à Sfax pour lancer son premier centre régional.
Au départ, une aile du lycée pilote.
Puis des locaux plus adaptés,
avec des bureaux, une bibliothèque,
des salles de formation et un atelier de maintenance.
Centre régional de l’INBMI, Sfax, 1993 — L’auteur et Héla au travail sur des micro-ordinateurs Amstrad 80286.
Au début de 1992, Si Mokhtar prit sa retraite.
Si Taher Hfaiedh lui succéda.
Sa manière de diriger était différente,
mais la confiance demeurait.
Mrezga, les écoles d’été, la formation des enseignants,
la diffusion de la micro-informatique
et les premiers usages d’Internet
furent autant d’occasions d’apprendre une même chose :
une technologie ne transforme rien
si les personnes ne peuvent pas se l’approprier.
Cette période ouvrit aussi d’autres terrains :
la vulgarisation avec Sadiki El Hasoub,
les premières applications pédagogiques,
les expériences Internet,
puis une ouverture progressive vers l’Université.
Canal 21, 1997 — L’auteur lors de l’émission « Sadiki El Hasoub », consacrée à la vulgarisation de l’informatique auprès du grand public.
Douze années au CBMI puis à l’INBMI
m’avaient appris qu’un outil ne vaut jamais par lui-même.
Tout dépend de ce que les femmes et les hommes en font.
04 — Un nouveau terrain
2000 — L’Université de Sfax
Dès le début de 1999, dans le cadre du projet
« École de demain », j’avais eu plusieurs échanges
avec le professeur Hamed Ben Dhia,
alors président de l’Université de Sfax pour le Sud.
Il avait observé ma manière de travailler
et me proposa de rejoindre le rectorat.
En 2000, après plusieurs mois de démarches,
je rejoignis officiellement l’Université de Sfax.
Le président ne me voyait pas dans un bureau
à gérer uniquement l’informatique.
Il voulait que je puisse agir sur plusieurs terrains :
le numérique, la formation, les projets,
la relation avec les partenaires
et progressivement l’entrepreneuriat.
Les premières années furent celles du numérique et de la formation.
Puis une autre question s’imposa :
que devient un diplômé une fois sorti de l’Université ?
L’Université ne pouvait pas seulement enseigner
et conduire des recherches.
Elle avait aussi une responsabilité envers la société et son territoire.
UnivExpo, l’accompagnement des diplômés,
les relations avec les entreprises
et l’entrepreneuriat furent parmi les formes visibles de cette ouverture.
UnivExpo 2003, Université de Sfax — Présentation des CD-ROM pédagogiques développés par le BNTUS lors de la visite officielle.
Ce qui comptait n’était pas le nom des structures.
C’était le mouvement :
rapprocher l’Université des besoins réels de son environnement.
05 — Relier les personnes et les institutions
De l’Université à l’écosystème
Avec le temps, les projets se multiplièrent
et les coopérations européennes et méditerranéennes
élargirent le terrain d’apprentissage.
Salle de réunion du rectorat, Université de Sfax — De gauche à droite : Hatem Fourati (UTICA), l’auteur et Ahmed Ben Messaoud (UPMI).
Mais l’enjeu essentiel n’était pas d’accumuler des projets.
Il était de comprendre comment relier des mondes
qui travaillaient trop souvent séparément :
étudiants, chercheurs, entreprises,
structures d’appui et responsables publics.
Les expériences conduites avec les partenaires du territoire
ont progressivement construit un réseau de confiance.
SALEEM, le Pôle Étudiant-Entrepreneur
et plus tard C’INNOVANT ont prolongé cette dynamique.
Sfax, 4 novembre 2019 — Inauguration du Pôle Étudiant-Entrepreneur à l’ISAAS dans le cadre du projet SALEEM.
L’idée devenait plus simple :
pour celui qui porte un projet,
l’insertion, la formation, l’entrepreneuriat,
le prototypage, le transfert technologique
et l’accès aux entreprises
ne sont pas des mondes séparés.
Ce sont les étapes d’un même parcours.
Ce que nous avions à partager avec d’autres universités
n’était pas un modèle clé en main,
mais une manière de commencer avec les moyens disponibles
et en s’appuyant sur le territoire.
Dakar, 2022 — Mission confiée à l’auteur par l’Agence Universitaire de la Francophonie pour présenter et partager l’expérience du Pôle Étudiant-Entrepreneur de Sfax.06 — Continuer autrement
De la micro-informatique à l’IA
Depuis 1988, j’ai traversé plusieurs vagues technologiques :
la micro-informatique, Internet,
les plateformes numériques,
la formation à distance et les outils collaboratifs.
À chaque époque, les mêmes questions revenaient :
comment permettre au plus grand nombre de s’approprier ces outils ?
Comment faire en sorte que la technologie renforce les personnes
plutôt que de les dépasser ?
L’intelligence artificielle est la dernière de ces vagues.
Elle est plus puissante que les précédentes,
mais elle ne supprime pas les questions essentielles.
La technologie ne transforme rien à elle seule.
Ce sont les femmes et les hommes qui lui donnent un sens.
En 2024, mon rôle changea aussi de nature.
Non parce que le travail était terminé,
mais parce qu’une autre question devenait centrale :
ce qui a été construit peut-il continuer autrement,
porté par d’autres mains ?
Le véritable test d’une institution est peut-être
sa capacité à continuer sans dépendre
de ceux qui ont lancé le mouvement.
Avec le recul, ce parcours n’est donc pas
une succession de structures ou de fonctions.
Il est fait de rencontres, de confiance,
de responsabilités données, d’essais,
d’erreurs, de passages de relais
et de personnes qui ont choisi de construire ensemble.
UnivExpo, Université de Sfax, 16 juillet 2026 — Lors de la 28e édition, l’auteur reçoit une attestation de reconnaissance pour sa contribution à UnivExpo ; à l’arrière-plan apparaît une photographie d’archive du président Hamed Ben Dhia.
Pour aller plus loin
Cette lecture ne retient volontairement
que quelques étapes d’un parcours beaucoup plus riche
en rencontres, projets et expériences.
La version intégrale est actuellement réservée
aux lecteurs invités pendant la phase de vérification éditoriale.
Le regard de celui qui prolonge la mémoire institutionnelle
Postface
Prof. Abdelwahed Mokni — ancien président de l’Université de Sfax
L’obsession de bâtir
J’ai connu Mohamed Belhaj à la Faculté des lettres et sciences humaines de Sfax dès 1990.
C’était la rencontre entre un jeune enseignant d’histoire et un jeune ingénieur, très dynamique,
chargé d’initier les enseignants universitaires à la découverte de l’univers, encore mystérieux
à l’époque, de l’informatique et de « Sadiki El Hassoub ».
Dans ce livre passionnant, l’auteur et l’acteur Mohamed Belhaj retrace, par touches successives
et avec force détails, son parcours entrepreneurial.
Depuis son jeune âge, Mohamed a pratiqué la culture de l’entrepreneuriat, que ce soit dans la
boutique de son père, dans l’atelier artisanal de sa mère, au lycée technique de Sfax ou encore
à l’École nationale d’ingénieurs.
En 2017, dans le cadre du projet SALEEM, nous avons voyagé ensemble à Lyon et à Paris afin de visiter
des pôles de l’étudiant entrepreneur et de découvrir de près leur fonctionnement. Dans le prolongement
de cette dynamique, l’Université de Sfax a rapidement mis en place son propre Pôle de l'Étudiant
Entrepreneur, installé dans un très beau local à la Faculté de médecine de Sfax.
Mohamed Belhaj et son équipe ont travaillé intensivement pour assurer le décollage de cette structure,
qui est rapidement devenue une véritable ruche.
Le C’INNOVANT a beaucoup contribué à la formation et à l’accompagnement des étudiants, notamment dans
les domaines des soft skills et de l’entrepreneuriat, tout en étant également au service des chercheurs
et des enseignants. Durant la période de la Covid-19, il a poursuivi ses activités à distance et a
notamment organisé l’UnivExpo en ligne, tout en maintenant des actions de formation et d’accompagnement
des étudiants.
Au cours de la décennie 2014-2024, durant laquelle j’ai exercé des responsabilités au sein de
l’Université de Sfax, j’ai côtoyé de près Mohamed Belhaj, qui était toujours « au four et au moulin »,
ici et là. Il forme, réforme et se transforme, s’épanouissant dans le monde des 4C, dans la culture
de l’essaimage et de l’insertion professionnelle, et se plongeant corps et âme dans les préparatifs
de l’UnivExpo.
Ce livre n’est pas le récit d’une vie personnelle. Il raconte plutôt une histoire collective et affective,
celle du travail bien fait et d’un profond sentiment d’appartenance à l’institution universitaire.
Au fil des différents passages de ce livre, on découvre un « Osta » — mot d’usage sfaxien, d’origine
ottomane — qui respire l’art de bâtir, jusqu’à l’obsession.
Prof. Abdelwahed MokniAncien président de l’Université de Sfax